samedi 28 février 2009

Manufactured lansdcapes (DVD)

Manufactured lansdcapes (Paysages fabriqués) de Jennifer Baichwal (Canada, 2006). Documentaire. Edward Burtynsky est un photographe dont la démarche est unique : il photographie l’inimaginable, l’immense pouvoir que l’homme a sur les paysages. Ses photos rendent compte de façon percutante de la démesure humaine. Mines, carrières et usines gigantesques, barrage des Trois Gorges en Chine, développement de Shanghai, recyclage des pétroliers en Inde. Notre champ de conscience s’élargit de façon vertigineuse. On se demande ce qui va arriver quand tout cela va péter… Vous ne verrez plus jamais votre fer à repasser « made in China » de la même façon : 7,5/10. Le site internet du photographe vaut le détour (voir ci-dessous)
Bande-annonce
Site internet du photographe :
http://www.edwardburtynsky.com/

Truffe (DVD)

Truffe, de Kim Nguyen (Québec 2008), avec Céline Bonnier, Roy Dupuis, Pierre Lebeau et Danielle Proulx. Ce film inclassable m’a beaucoup plu par son coté parodique et déjanté. Tourné en noir et blanc, il nous transporte dans un Hochelaga-Maisonneuve où le commerce de truffes, après avoir enrichi la population, devient une activité de plus en plus difficile. Lorsqu’une entreprise nébuleuse veut prendre le contrôle de ce commerce, ça devient carrément délirant, mais tellement drôle. On repense à tous ces films de série B, qui ne tiennent pas debout dans le fond, mais auxquels on se laisse prendre : horreur, science-fiction, bluette, action, humour noir et critique sociale se succèdent sans transition. Toutes les grosses ficelles sont là, sous nos yeux, avec une brochette d’acteurs délicieusement bien dirigés : 8/10. Pour cinéphiles avertis seulement.

dimanche 22 février 2009

Brick Lane (DVD)

Brick Lane, de Sarah Gavron (Grande-Bretagne, 2007), avec Tannishtha Chatterjee, Satish Kaushik, Christopher Simpson, Harvey Virdi, Lalita Ahmed, Naeema Begum. Drame. Premier long métrage remarquable, basé sur un premier roman, ce film raconte le parcours intérieur d’une femme. Née au Bangladesh, une jeune fille de 17 ans est mariée à un Indien de 25 ans son aîné, vivant à Londres. On voit venir une histoire classique et prévisible, mais ce n’est pas le cas. Il en tient beaucoup au scénario (Abi Morgan, Laura Jones) et à l’époustouflante performance de l’actrice principale, Tannishtha Chatterjee. L’ensemble du casting est excellent. Ce qui est remarquable, c’est la sensibilité et la finesse de ce film, qui fait un portrait émouvant d’une femme, mais aussi de sa famille. Le désir d’appartenance est aussi traité avec un regard qui sonne juste. Trame sonore envoûtante (Jocelyn Pook), photographie remarquable : 9/10. Dans les suppléments, l'entrevue avec la réalisatrice,vaut le détour.
Basé sur le roman de Monica Ali, qui a eu beaucoup du succès.

Le peuple invisible (DVD)

Le peuple invisible, de Richard Desjardins et Serge Mondorie (Québec, 2008). Documentaire. Le peuple invisible, c’est celui qu’on ignore, celui dont nous occupons les terres ancestrales. Leçon d’histoire et de géographie (savez-vous où se trouvent Wolf Lake, Kitcisakik et Pikogan?), ce documentaire est percutant sans être misérabiliste ni agressif, même s’il est très militant. Il est percutant, parce que si l’histoire est écrite et accomplie, elle n’existe pourtant que si on lui donne une voix juste et claire. Et cette voix, elle résonne si fort dans ce documentaire, elle touche si creux, qu’elle a la force d’ébranler les préjugés les plus profonds, les plus insidieux… Si vous n’avez pas vu ce film, louez-le, c’est un must : 8,5/10.
Bande-annonce

dimanche 15 février 2009

Séraphine (au cinéma)

Séraphine, de Martin Provost (France, 2008), avec Yolande Moreau et Ulrich Tukur. Début du XXe siècle à Senlis en France. Séraphine est une femme de ménage le jour et une peintre inspirée la nuit. Inspirée par son ange gardien dit-elle, dans une certaine innocence, mais avec une sensibilité qui s’incarne dans ses toiles, vivantes et vibrantes. Elle sera aidée et encouragée par un collectionneur allemand qui, malheureusement, devra quitter la France au début de la Guerre de 14. Ils se retrouveront en 1927 et poursuivront leur collaboration. Séraphine est de plus en plus inspirée, mais aussi de plus en plus à l’écoute de voix intérieures qui la poussent à des comportements étranges. Film fluide, lumineux, contemplatif et passionnant de beauté et de sensibilité. Interprétation magistrale de Yolande Moreau. Photographie magnifique, décors et costumes très réalistes. Œuvre touchante sur l’art, la puissance de l’inspiration et de la conviction intérieure : 9/10. César du meilleur film et de la meilleure actrice.
Bande-annonce

samedi 14 février 2009

Deux jours à tuer (DVD)

Deux jours à tuer, de Jean Becker (France, 2008), avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck. Drame. Un homme marié, père de deux enfants, saborde sa vie apparemment heureuse en 24 heures bien tassées. Il n’est guère sympathique ce personnage, même si sa façon de brusquer ses proches à quelque chose de cathartique et de jouissif. Albert Dupontel est excellent dans ce rôle et bien accompagné par les autres acteurs. Jean Becker, qui a plus de 80 ans, signe là un bon moment de cinéma. Malgré quelques détails un peu faciles, un peu appuyés et quelques images trop léchées à mon goût, j’ai beaucoup aimé ce film dont le scénario serré et soigné m’a tenue en haleine : 8/10. Colette a aussi beaucoup aimé. Tiré d’un roman de François D’Epenoux.
Bande-annonce

Paprika (DVD)

Paprika, de Satoshi Kon (Japon, 2006) et Seishi Minakami (scénario). Animation. Mal informée, je m’attendais à un film pour enfant. Disons que c’est pour de grands enfants (à partir de 15 ans, selon moi). C’est qu’une enquête menée dans le monde des rêves peut s’avérer assez complexe, intense et pas mal psychédélique. Il s’agit ici de découvrir qui a subtilisé la machine à analyser les rêves, destinée à aider les psychologues dans leur travail sur la psyché de leurs patients. Entre réalité, souvenirs et rêves, la mise en abyme est parfois déroutante. L’animation est d’une grande virtuosité, mais l’esthétique m’a parfois dérangée dans son côté très fantasmagorique et, quelquefois, caricatural. Les amateurs de dessins animés adoreront, mais l’expérience fut un peu trop touffue pour moi : 7,5. Ce film m’a tout de même donné le goût de voir Perfect Blue et Millennium Actress, du même réalisateur. Inspiré d’un roman de science-fiction de Yasutaka Tsutsui. La bande-annonce vous dira si c’est votre genre :

Un capitalisme sentimental (DVD)

Un capitalisme sentimental, d’Olivier Asselin (Québec, 2008), avec Lucille Fluet, Alexandre Bisping, Paul Ahmarani et Sylvie Moreau. Ce film très original et joué avec brio est difficile à raconter, tant sa prémisse et ses protagonistes sont insolites. Pourtant, il est d’une actualité brûlante dans notre monde où tout a un prix et où la demande est en train de s’effondrer, entraînant dans son sillage une sécurité qui nous semblait acquise. L’intrigue prend place en Europe et à Wall Street en 1929. Les images sont d’une remarquable créativité, mais la réalisation est un peu trop poétique et, paradoxalement, cérébrale pour moi. Ce film plaira cependant aux amateurs de sentiers non battus : 7,5/10. Prenez le temps de regarder la bande-annonce pour vous faire une idée.

samedi 7 février 2009

Milk (au cinéma)

Milk, de Gus Van Sant (États-Unis, 2008), avec Sean Penn, Emile Hirsch, Josh Brolin, James Franco. Drame historique. Harvey Milk a commencé sa carrière d’activiste politique sur le tard. Cet homosexuel a 40 ans quand il choisit de partir pour San Francisco et de contribuer à changer les choses. Reconstitution passionnante d’une époque (1970) pas si lointaine où les descentes de flics dans les bars gais étaient monnaie courante et où l’establishment bien-pensant voulait congédier les instituteurs homosexuels, ce film nous donne à voir l’essor d’un mouvement social de fond. Et un homme animé d’une conviction inébranlable, qui devint, à force d’acharnement et grâce à une équipe inspirée, le premier politicien municipal ouvertement gai. Excellent scénario (Dustin Lance Black), réalisation solide et interprétations remarquables : 8,5/10. J’aurais probablement donné 9/10, si j’avais vu le film en anglais.

It’s a free world (DVD)

It’s a free world, de Ken Loach (Grande-Bretagne, 2008), avec Kierston Wareing, Juliet Ellis et Leslaw Zurek. Drame social. À Londres, comme dans d’autres capitales, des travailleurs immigrés passent par des agences de placement pour trouver du travail, passeport vers une vie meilleure que la pauvreté qu’ils espèrent avoir quittée. Angie, une jeune femme ambitieuse et fonceuse ouvre une agence avec les moyens du bord et sa colocataire. Ce personnage ambigu reflète le courage, la détermination, mais aussi le déni, la quête du profit et l’hypocrisie des êtres humains qui composent notre société de nantis. Qu’aurions-nous fait dans ses souliers pour nous en sortir? Pas sûre de la réponse. Un personnage plein de failles et de qualités magnifiquement interprété, une histoire qui nous renvoie un portrait peu édifiant de notre monde « libre », et une réalisation sans complaisance, bref du Ken Loach tout craché : 8,5/10.

Ratatouille (DVD)

Ratatouille, de Brad Bird (États-Unis, 2007). Dessin animé. Une histoire délirante de rat qui veut devenir cuisinier, des images superbes, des personnages attachants. Voilà selon moi, une œuvre bien supérieure à WALL-E, aussi produit par PIXAR. Parfait pour la famille, car tout le monde y trouvera son compte: 8/10.
Bande-annonce

Des nouvelles du Nord (DVD)

Des nouvelles du Nord, Benoît Pilon (Québec, 2007). Documentaire. Fondée en 1974, la ville de Radisson fut le camp de base du chantier de construction de la Baie James. Qu’en reste-il aujourd’hui? À travers des entrevues, le réalisateur trace le portrait d’une communauté située à 1000 km au nord de Montréal. Des gens qui vont chez la seule coiffeuse du village, qui jardinent, qui tiennent un bar, qui font visiter LG2 et qui parlent du Sud en disant « en bas ». Des gens qui sont enracinés, d’autres qui ne font que passer et d’autres qui songent à partir sans s’y résoudre. Et des Cris du village de Chisasibi, à 100 km de Radisson. Le Nord me fascinera toujours : 7,5/10.
Bande-annonce

Vicky, Christina, Barcelona (DVD)

Vicky, Cristina, Barcelona, de Woody Allen (États-Unis, 2008), avec Javier Bardem, Penélope Cruz, Rebecca Hall, Scarlett Johansson. Comédie romantique. Sous le ciel de Barcelone, deux Américaines rencontrent un peintre espagnol et séducteur. Ce film a le grand mérite de ne pas tomber dans la facilité habituelle de ce genre d’exercice. Dialogues savoureux et un peu de réflexion à se mettre sous la dent. Javier Bardem est impeccable de zénitude, Pénélope Cruz, suave dans son hystérie et Scarlett Johansson, pas terrible. La voix hors-champ, trop fréquente, m’a agacée. Parfait pour un vendredi soir : 7,5/10.

mercredi 4 février 2009

Martha qui vient du froid (au cinéma)

Martha qui vient du froid, de Marquise Lepage, avec Martha Flaherty et les membres de sa famille qui ont survécu à leur déportation de la péninsule d’Ungava à l’île Ellesmere. Documentaire. Au milieu des années 1950, en pleine Guerre froide, la souveraineté du Canada sur l’extrême Arctique doit être préservée. La solution? Y déménager des familles inuites. Pas grave s’il n’y a pas assez de gibier, pas de végétation, pas d’abri en dur. Pas grave si on fait pire encore. Ce documentaire lève un autre voile sur le mépris des Blancs envers les Autochtones et sur la résilience, chèrement payée, de ces derniers. Je n’ai pas encore vu le Peuple invisible (il est sur ma liste), mais Martha qui vient du froid laisse la même impression : la honte d’être Blanc et Canadien, Québécois, Américain, Australien, whatever. À voir au cinéma, pour encourager la production, la distribution et la projection d’autres œuvres nécessaires. La réalisation est excellente et cette oeuvre, qui n'est en rien misérabiliste, retiendra votre attention jusqu’à la toute fin : 9/10. Colette a été très touchée et a beaucoup aimé.
Bande-annonce