lundi 23 novembre 2009

Je vais te manquer (Festival Cinémania)

Je vais te manquer, d’Amanda Sthers (France, 2009), avec Carole Bouquet, Pierre Arditi, Anne Marivin, Patrick Mille, Fred Testot, Mélanie Thierry, Cécile Cassel et Michael Lonsdale. Comédie romantique. Des préparatifs pour un voyage final, un écrivain, aigri, une petite fille qui retourne au Canada chez sa mère, un amour de jeunesse retrouvé grâce à internet (50 ans plus tard), un policier d’aéroport déglingué. Tous ces personnages vont fouler le sol de l’aéroport de Roissy au même moment. Les critiques français ont été durs avec ce film choral, et avec raison : invraisemblances, clichés, dialogues faciles, prévisibilité maximale. Le film compte cependant plusieurs moments forts (dramatiques et humoristiques) et mérite le détour, surtout si vous aimez Carole Bouquet et Michael Lonsdale, particulièrement inspirés, malgré un scénario qui s’égare dans trop d’histoires (je me serai vraiment passée du policier et de l’immigré illégal). Comme on dit, qui trop embrasse, mal étreint : 7/10.
Potin : romancière et écrivain de pièces de théâtre, Amanda Sthers est l’ex-conjointe de Patrick Bruel. C'est son premier film : il y a du potentiel, au milieu de ce fouillis.
Dans le genre film choral dans un aéroport, Love actually, de Richard Curtis (Grande-Bretagne, 2003), avec Alan Rickman, Emma Thompson et Hugh Grant était nettement plus maîtrisé.

La donation (au cinéma)

La donation, de Bernard Émond (Québec, 2009) avec Élise Guilbault, Jacques Godin, Éric Hoziel, Françoise Graton, Angèle Coutu, Monique Gosselin. Drame. Dernier volet d’une trilogie remarquable consacrée à la foi, l’espérance et la charité. Les films de Bernard Émond sont sobres, parfois austères. Celui-ci m’a semblé le plus lumineux, même s’il est semé de deuils, d’impuissance, de doutes et de détresse. Que vient chercher cette urgentologue montréalaise à Normétal, en Abitibi? Où ce vieux médecin part-il en voyage? Comment les gens du coin accueilleront-ils cette citadine? Si vous avez la patience et la disponibilité intérieure nécessaires, ce film vous touchera, vous parlera, vous transportera. Je cite ici Colette : « J’ai tout aimé de ce film : les acteurs, les paysages, la musique ». Un film sans complaisance, mais d’une grande finesse et branché directement sur la vie, le quotidien, les gens : 9,5/10.
Bande-anonce
Contre toute espérance (2e volet de la trilogie)

jeudi 19 novembre 2009

Le concert (Festival Cinémania)

Le concert, de Radu Mihaileanu (France, 2009), avec Comédie dramatique et burlesque. Pour faire court : un ancien chef d’orchestre du Bolchoï décide sur un coup de tête de réunir ses anciens musiciens pour aller jouer au Châtelet à Paris. S’ensuit une cascade d’événements vaudevillesques, caricaturaux, jouissifs et touchants. Le tout est mené tambour battant, joué avec brio et accompagné d’une musique qui va faire s’envoler les ventes de disques du Concerto pour violon opus 35 de Tchaïkovski. J’aime beaucoup ce réalisateur français d’origine roumaine qui nous offert Vas Vis et deviens en 2005, Train de vie en 1998, Trahir en 1993. Mine de rien, il nous donne a voir, en trame de fond de cet apparent divertissement, de douloureux et cruels souvenirs de l’URSS de Brejnev. J’ai vu ce film dans le cadre du festival Cinémania, mais je suis sûre qu’il va être distribué ici : 9/10.
Bande annonce

lundi 16 novembre 2009

Mademoiselle Chambon (Festival Cinémania)

Mademoiselle Chambon, de Stéphane Brizé (France 2009), avec Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Aure Atika. Chronique sociale. Un maçon heureux, marié et père d’un enfant tombe amoureux de l’institutrice. L’institutrice tombe aussi amoureuse. Un formidable duo d’acteurs, tout en réserve et en nuances, une histoire qui prend son temps, une lumière d’été et la musique mélancolique d’un violon (morceau composé par Elgar, un musicien du début du 20e siècle). C’est tout à fait mon genre de film : la quotidienneté filmée par une caméra sensible, sans dialogues chorégraphiés au quart de tour. Amateurs de rebondissements, s'abstenir, ainsi que ceux et celles qui n'aiment pas les silences à l'écran. Les autres, précipitez-vous lorsque ce film sortira au Québec! La séquence d’ouverture est d’une grande délicatesse : 10/10.
Bande-annonce (elle ne rend pas justice au film)
Basé sur un livre d'Éric Holder, paru en 1996.
Stéphane Brizé nous avait offert le très beau "Je ne suis pas là pour être aimé" (voir article dans Wikipédia), sur un thème similaire, en 2005.
Note : ce film a été tourné quatre ans après la séparation de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain.

Un conte de Noël (DVD)

Un conte de Noël, de Arnaud Desplechin (France 2008), avec Catherine Deneuve, Mathieu Amalric, Jean-Paul Roussillon, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, Émile Berling, Laurent Capelluto. Drame psychologique. Réunion de famille à Roubaix, à l’occasion de Noël. Une famille dont l’histoire est à jamais marqué par le décès d’un enfant en bas âge. Le troisième enfant, conçu pour sauver le premier est arrivé trop tard. Il grandit odieux et est finalement banni. Mais cette année, il sera là. Une brochette d’acteurs remarquables, des moments forts, des dialogues cruels : ce film ne manque pas d’intensité ni de virtuosité, mais je n’ai pas été touchée par cette histoire : trop de mots, trop de cérébralité et une histoire d’amour transverse qui m’a semblée plaquée. Performance des acteurs : 9/10; ensemble du film : 7/10. Jean-Paul Roussillon, qui joue le patriarche, a un rôle extraordinaire et est particulièrement allumé.
Bande-annonce

Home (DVD ou Youtube)

Home, de Yann Arthus-Bertrand (France 2009). Documentaire. Ce film a été diffusé gratuitement et simultanément en juin 2009. Constitué uniquement d’images aériennes de la planète, il dresse un portrait inquiétant de l’état de notre environnement. J’étais plutôt réticente, mais je vous recommande ce film, malgré les controverses qui l’entourent : dans un article de Libération, il est qualifié de « char d’assaut écolo » et de « propagande », ainsi que de « d’investissement rentable dans la bonne conscience ». On peut bien sûr être très cynique et remettre en question l’exactitude de certaines affirmations, le coût et les commanditaires du film, son bilan carbone, etc. Mais on peut aussi reconnaître que le message de fond mérite de telles images et se laisser influencer de façon intelligente : 7,5/10.
Version de 90 minutes dans Youtube
Bande-annonce
Article dans Wikipedia

dimanche 1 novembre 2009

L’empreinte de l’ange (DVD)

L’empreinte de l’ange, de Safy Nebbou (France 2008), avec Catherine Frot, Sandrine Bonnaire, Héloïse Cunin, Arthur Vaughan-Whitehead. Drame psychologique. D’un côté, Elsa, une mère dépressive qui ne s’est jamais remise du décès accidentel de sa fille nouvelle-née. De l’autre, Claire, une femme équilibrée, mère de famille heureuse. Entre les deux, la fille de Claire, qu’Elsa, dans son flirt avec la folie, croit reconnaître comme la sienne. Je ne vous en dis pas plus, sauf que j’ai beaucoup aimé ce film : un duo d’actrices fascinantes, un scénario bien ficelé et un suspense bien tassé. Voilà des ingrédients pour une très bonne note : 8,5/10.
Bande-annonce

Le lutteur (DVD)

Le lutteur, de Darren Aronofsky (États-Unis 2008) avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Mark Margolis, Todd Barry, Wass Stevens. Drame social. Un lutteur quinquagénaire ayant connu son heure de gloire vivote en participant à des combats locaux. Personnage pathétique, mais attachant, Randy "The Ram" évolue dans un milieu dont on connaît le devant de la scène. À travers une interprétation remarquable de Rourke, on passe derrière le ring et on découvre un milieu fascinant, dont les « personnages » fabriqués pour le plaisir de la foule sont aussi des êtres de chair et de cœur : 9/10. Scénario: Robert D Siegel. Ce film a reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise. Rourke a reçu le Golden Globe du meilleur acteur en 2008.
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Last chance Harvey (DVD)

Last chance Harvey, de Joel Hopkins (États-Unis 2008), avec Dustin Hoffman, Emma Thompson, Eileen Atkins, Liane Balaban, Kathy Baker, James Brolin. Comédie dramatique. Un compositeur New-Yorkais sur le déclin se rend à Londres pour le mariage de sa fille, pour qui il est loin d’avoir été un bon père, faute de présence. Il rencontre une fonctionnaire britannique menant une vie plutôt terne et qui subi des pressions pour (enfin) trouver un conjoint. Ce film a des gros atouts : un superbe duo d’acteurs convaincants, des répliques savoureuses et de réels moments d’émotions. Il comporte aussi quelques moments eau de rose trop prévisibles. Excellent choix pour un vendredi soir : 7/10.
Bande annonce