lundi 13 octobre 2008

Caramel (DVD)

Caramel, de Nadine Labaki (Liban, France), avec Nadine Labaki, Yasmine Elmasri, Sihame Haddad, Joanna Mkarzel, Aziza Semaan, Gisèle Aouad. Comédie dramatique. Un film de femmes tourné par une femme où les gars trouveront leur compte, ça fait changement d’un film de gars tourné par un gars où les filles restent perplexes. C’est dans un salon de beauté dans le quartier chrétien de Beyrouth que le quotidien de cinq femmes résonne. La vibration est souvent drôle et solidaire, mais les difficultés sont au rendez-vous et pas des moindres. Une caméra suave et sensuelle, un scénario parfois convenu, mais qui réserve des surprises. Adultère, mariage prochain, homosexualité, refus de vieillir et sacrifice : des difficultés universelles, mais incarnées par des Orientales. Voilà de quoi se sentir solidaires de ces femmes qui, comme nous, veulent vivre leur vie : 9/10. Quand au caramel du titre, ma propre mère l’utilisait en Algérie dans sa jeunesse. Si vous voulez vivre l’expérience jusqu’au bout, écoutez ce film en version originale arabe : entendre cette langue rouler dans la gorge et la bouche des actrices et des acteurs, fait partie du voyage.
Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18735888&cfilm=112181.html
Site du film : http://www.bacfilms.com/site/caramel/

Contact avec Boris Cylrunik

Contact avec Boris Cylrunik. Les entrevues menées par Stéphan Bureau sont offertes en vidéo, avec suppléments. Ici, pourquoi me casser la tête à trouver mes propres mots lorsque la présentation sur la pochette du DVD illustre si bien le contenu : « Éthologue, neurologue, médecin, psychiatre et psychanalyste, Boris Cyrulnik scrute l’âme humaine depuis plus de 50 ans. En observateur attentif et passionné, il s’attarde à comprendre comment il est possible de refaire les mailles de vies brisées (…). Très tôt intéressé par l’éthologie, Cyrulnik choisit d’observer l’homme comme d’autres observent les animaux, ce qui déplaît à certains. (…). L’homme en constante quête de sens est aussi un auteur à succès, surtout connu du grand public pour ses recherches sur la résilience et sur la mécanique fragile du bonheur. » Les moments les plus fascinants sont ceux où l’on découvre le destin personnel de cet homme d’exception : 8,5/10.
Pour en savoir plus, le site de l’émission Contact est très bien fait : http://www.contacttv.net/i_presentation.php?id_rubrique=527

Burn after reading (au cinéma)

Burn after reading (Lire et détruire), de Joel et Ethan Coen (États-Unis), avec Brad Pitt, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton et George Clooney. Comédie noire. Une distribution de rêve pour un scénario complètement pété sur fond d’espionnage et de club de gym. Tous les personnages sont déjantés et un événement bénin devient le prétexte d’un « plan de nègre » qui finira par mal tourner. Je me serai passée du dernier 10 minutes, mais avant, c’est bien plus que 3600 secondes d’extase : 8/10. Vu au cinéma, mais on peut attendre le DVD.

La visite de la fanfare (DVD)

La visite de la fanfare, d’Eran Kolirin (Israël), avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai et Saleh Bakri. Comédie dramatique. Une fanfare égyptienne débarque par erreur dans un village israélien perdu dans le désert. Comme l’autobus n’y passe qu’une fois par jour et qu’il n’y pas d’hôtel, les musiciens passeront une nuit chez l’« habitant ». Cette délicieuse fable rigolote, tendre et touchante nous fait découvrir des gens ordinaires incarnés par des acteurs extraordinaires. On se prend à rêver que chaque Arabe puisse rencontrer un Israëlien et partager sa vie durant 24 heures, pour faire cesser la haine qui se nourrit seulement du côté sombre, jusqu’à l’aveuglement : 9/10.
Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18773075&cfilm=128097.html

Ce qu'il reste de nous (DVD)

Ce qu’il reste de nous, de François Prévost et Hugo Latulippe (Québec). Documentaire. Après 50 ans de recul constant, les Tibétains continuent à résister de façon non violente à l’invasion chinoise. Ce film a été tourné grâce à des caméras numériques cachées. On y voit des Tibétains recevoir via un petit lecteur de DVD, un message de leur maître spirituel, le dalaï-lama, en exil depuis en Inde depuis 50 ans. Kalsang Dolma, originaire du Tibet, est née en 1972 dans un camp de réfugiés indien à Hunsur. En 1986, elle suit son père à Montréal. La jeune femme a accompagné les deux réalisateurs québécois au Tibet au cours de plusieurs voyages étalés sur 10 ans. Elle a été leur interprète et la gardienne du message du dalaï-lama. Un film coup de cœur et coup de poing à louer absolument que vous vous intéressiez ou non au sort des Tibétains : 11/10. François Prévost, un ancien de la Course Destination Monde, est également médecin dans le Grand-Nord. Il a accompagné l’équipage du Sedna IV durant neuf mois en Antarctique (2005-2006).
Site du film : http://www.onf.ca/webextension/cequilrestedenous/
Entrevue avec François Prévost, dans PasseportSanté : http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Entrevues/Fiche.aspx?doc=prevost_f_20071217_ent

samedi 4 octobre 2008

Ce qu’il faut pour vivre

Ce qu’il faut pour vivre, de Benoit Pilon (Québec), avec Natar Ungalaaq, Éveline Gélinas, Paul-André Brasseur, Vincent-Guillaume Otis et Denis Bernard. Drame historique. Au cours de son exil forcé vers le Sud, un homme inuit atteint de tuberculose côtoie dans un sanatorium de Québec une galerie de personnages qui lui offrent de tout : racisme, incompréhension, compassion, dévouement, amitié et… soins médicaux. L’acteur principal est fabuleux, la reconstitution historique éminemment intéressante et les images sublimes. Il faut, s’il est encore temps, aller voir ce film au cinéma. Le scénario, signé Bernard Émond, verse à l’occasion dans les bons sentiments, mais, heureusement, sans s’y engluer. Des touches d’humour font respirer cette fable poignante, qui a aussi le mérite de prendre son temps : 9/10. On saura le 22 janvier 2009, si ce film a été retenu parmi les cinq finalistes pour l’Oscar du meilleur film étranger. Natar Ungalaaq a enseigné durant six semaines l'inuktitut à Paul-André Brasseur, qui incarne un jeune Inuit, et à Denis Bernard, qui campe avec bonheur un prêtre ayant travaillé dans le Grand-Nord.

La question humaine

La question humaine (France), de Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval (scénariste), avec Matthieu Almaric, Jean-Pierre Kalfon et Michael Lonsdale. Drame. Mise en garde : ne pas louer un vendredi soir pour relaxer! Ceci étant dit, ce film exigeant vaut le détour, surtout si vous aimez Matthieu Almaric, qui y est magistral. Il incarne un psychologue industriel chargé d’enquêter sur un dirigeant d’entreprise qui semble avoir perdu les pédales depuis quelque temps. Ses recherches et ses contacts avec cet homme mystérieux et sensible l’amèneront à prendre conscience de façon progressive, mais brutale, que les lois et le vocabulaire qui régissent les rapports soi-disant humains dans une grande entreprise ressemblent à une idéologie déshumanisante qu’on voudrait disparue. Trouble et malaise traversent ce film déroutant et parfois exaspérant dans ses longueurs. La musique est un personnage central de ce film qui demande une écoute attentive. Pour cinéphiles avertis seulement : 8/10. Librement adapté d’un roman de François Emmanuel. Bande-annonce : http://uk.youtube.com/watch?v=YwLQsMKONz0

Bird (1988)

Bird (USA). Un film de Clint Eastwood, avec Forest Whitaker, Diane Venora, Michael Zelniker et Samule E. Wright. Drame biographique. Si vous aimez Forest Whitaker et la musique de Charlie Parker, ce film saura vous combler. Ce grand acteur fait revivre ce grand musicien à l’écran grâce à un grand réalisateur. Très tôt consommateur de drogue et d’alcool, Charlie Parker fut un improvisateur de jazz hors pair. Fantasque, insouciant et irrémédiablement dépendant, il aimera et sera aimé passionnément par Chan Richardson, avec qui il aura deux enfants. Un portrait humaniste d’un musicien original que l’arrivée du rock’n’roll a forcé à se produire avec des orchestres médiocres et à enregistrer des disques commerciaux pour survivre : 8,5/10. Ce film fut en nomination en 1988 pour la Palme d’Or à Cannes. Forest Whitaker a obtenu le prix d’interprétation masculine à ce même festival.
Bande-annonce : http://uk.youtube.com/watch?v=fS0M-GjgEi8