lundi 31 mars 2008

Michael Clayton (DVD)

Michael Clayton, de Tony Gilroy, avec George Clooney, Tom Wilkinson, Tilda Swinton et Sydney Pollack. Avocat dans cabinet juridique qui brasse de très grosses affaires, il a pour spécialité d’arranger discrètement et par tous les moyens, les affaires embarrassantes de certains clients. Un des ses collègues et ami, qui travaille sur un litige depuis six ans, craque et Clayton est envoyé en renfort. Lorsque son ami est retrouvé mort, Clayton commence à penser qu’il y a peut-être anguille sous roche. L’histoire est bonne, les acteurs excellents, mais le scénario en fait trop avec la vie personnelle de Clayton au détriment de la compréhension du litige qui est au coeur du fim. Et on se retrouve encore à la fin avec des bons et méchants, ce qui est un peu lassant : 7/10.

samedi 29 mars 2008

Rendition (DVD)

Rendition (Détention secrète), de Gavin Hood (Afrique du Sud), avec Omar Metwally, Jake Gyllenhaal, Igor Naor, Reese Witherpsoon, Peter Sarsgaard, Meryl Streep. Suspense politico-terroriste. Un ingénieur d’origine égyptienne qui retourne aux États-Unis après un voyage d’affaires et un attentat terroriste qui tue un agent de la CIA. L’ingénieur disparaît, enlevé par la CIA qui veut lui soutirer des informations (ça vous rappelle quelque chose?). Sa femme fera des pieds et des mains pour le retrouver et son tortionnaire est prêt à aller très loin pour le faire parler. Est-il coupable? La fin justifie-t-elle les moyens? Combien de vies peut-on sauver en faisant parler un terroriste potentiel? Trois histoires se juxtaposent, parfois de façon un peu mêlante. Les acteurs sont très bons, mais, du côté des personnages américains, on force un peu la note, tant du point de vue du jeu que du point de vue du scénario : 8/10. Gavin Hood, le réalisateur nous avait donné le beau film Tsotsi. Parmi les bonus, je vous conseille le documentaire Outlawed.

Close to home

Close to home (Une jeunesse comme aucune autre), de Vidi Bilu et Dalia Hager (Israël), Neama Shendar, Smadar Sayar, Irit Suki et Katia Zimbris. Deux jeunes israéliennes commencent leur service militaire (deux ans!) à Jérusalem. L’une est plutôt du genre à n’en faire qu’à sa tête, l’autre est plus réservée et tient à bien faire son devoir. Mais quel sens y a-t-il à contrôler jour après jour l’identité des Palestiniens? À fouiller des femmes et des enfants? Quand on a 18 ans, on veut vivre sa vie plutôt que la pression d’une armée sur les dents. Un regard à la fois tendre, désolé et sobre sur un dur apprentissage et une complicité souvent fragile. La violence n’est jamais loin, fruit pourri d’un climat explosif. Interprétation juste : 8,5/10.

Le candidat mandchou

Le candidat manchou, de John Frankenheimer (États-Unis), avec Frank Sinatra, Laurence Harvey et Angela Lansbury. Si vous avez aimé le remake de ce film (avec Denzel Washington), vous adorerez voir cette première mouture qui date de 1962. Intrigue légèrement différente, mais tout aussi fascinante, sinon plus que celle du film de Jonathan Demme sorti en 2004 (photo ci-contre) sous le même titre. En 1952, des soldats américains sont kidnappés durent la guerre de Corée et sont hypnotisés, dans un sombre dessein politico-meurtrier. Quelques années plus tard, l’un deux essaye de comprendre pourquoi le même cauchemar vient le hanter si souvent. C’est le début d’une enquête dont l’issue prendra place au cours d’une convention républicaine. Angela Lansbury est tout aussi magistrale que Meryl Streep dans le rôle de la mère du soldat Raymond Shaw, héros de guerre : 9/10. La version de 1962 est disponible en location à la Boîte Noire. La version 2004 est disponible partout et je vous la recommande aussi. Article intéressant sur les deux films.
http://www.objectif-cinema.com/pointsdevue/0945a.php

lundi 24 mars 2008

J'ai serré la main du diable

J’ai serré la main du diable, de Roger Spottiswoode, avec Roy Dupuis. Le génocide rwandais, raconté par le général Roméo Dallaire. Portrait d’un homme qui a sauvé 30 000 Rwandais, mais qui pleure les 800 000 qui ont péri aux mains de leurs semblables. Bien qu’on en ait beaucoup parlé, il est bon de se rappeler que la communauté internationale, ONU en tête, a laissé tomber la population du Rwanda en 1994. La réalisation est parfois audacieuse (Dallaire en thérapie), parfois platte dans son souci d’authenticité. Le doublage français dessert le film et comme les sous-titres anglais ne sont pas offerts (!), cela pose un gros problème, car, en anglais, il est difficile de tout comprendre, à cause des accents. Or, selon moi, Roy Dupuis ne passe pas bien en français, même s’il se double lui-même. Mais visiblement, bien des gens ne sont pas d'accord avec moi, car non seulement j'ai lu beaucoup de commentaires de cinéphiles qui ont souligné son interprétation remarquable, mais, en plus, il a eu un prix d’interprétation pour ce film aux Jutra 2008 : 7/10. Basé sur le livre écrit par le général Dallaire (ci-dessus).

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais bien ne t’en fais pas, de Philippe Lioret (France), avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier et Isabelle Renauld. Loïc quitte le cocon familial en claquant la porte : il a 19 ans et une jumelle. Sans nouvelle de lui, elle se laisse dépérir, au point d’être hospitalisée. Une série de cartes postales la ramèneront à la vie. Elle part à la recherche de son jumeau en Normandie et découvrira ce qui se cache derrière cette très longue fugue. Excellent jeu des acteurs, tout en sobriété, bonne histoire, bon suspense, très bonne bande sonore, mais une fin qui m’a déçue, car elle ne tient pas la route : 8/10. Basé sur un livre d’Olivier Adam (même titre).

Bury my Heart at Wounded Knee

Bury my Heart at Wounded Knee, d'Yves Simoneau, avec Aidan Quinn, Adam Beach, Colm Feore, August Schellenberg et Anna Paquin. Téléfilm bien documenté qui relate, de façon romancée, les événements qui ont mené au massacre de Wounded Knee, en 1890, dans le Dakota du Sud. À la fin du 19e siècle, il fallait que la voie ferrée passe par le territoire sacré des Lakotas, car l’occupation du territoire par les Blancs était prioritaire. Suprême gâchis, car même les personnes les mieux intentionnées vis-à-vis des Amérindiens ont contribué à la chute de ce peuple. Assimilation, réserves sur des terres où rien ne pousse, traités bidons, résistance de Sitting Bull : le tout finira dans l’humiliation, les maladies mortelles, et la tuerie : 8/10. Basé sur un livre de Dee Brown publié en 1971 (même titre). Gagnant du Emmy du meilleur téléfilm, en 2007.

jeudi 20 mars 2008

Indigènes

Indigènes, de Rachid Bouchareb, Samy Bouajila, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Samy Naceri, Bernard Blancan. Retour sur un pan d’histoire, ce film suit quatre maghrébins enrôlés dans l’armée française en 1943. La peur vissée au ventre, ils contribueront à la libération de la France, tout comme 130 000 combattants recrutés dans les colonies : Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique noire, Asie. Film de guerre très classique dans sa facture, Indigènes est bien mené, bien documenté, et mène un combat pour la mémoire. Avec lucidité, mais sans hargne ni amertume : 9/10. Les cinq acteurs ont reçu un prix d'interprétation collectif à Cannes en 2006.

Ces « indigènes » ont non seulement été oubliés dans les livres d’histoire, mais ont aussi été privés des avantages des anciens combattants « pure laine » : leurs pensions ont été gelées à leur niveau de 1959. En 1980, le Conseil d'État a sommé le gouvernement de réparer cette injustice honteuse. Les gouvernements successifs se sont refilés la patate chaude, certains montants ont été corrigés, mais l’égalité de pension sera finalement décidée par Chirac en 2006, grâce à la pression du film de Rachid Bouchareb. Début 2007, il ne restait que 80 000 anciens combattants d’outre-mer vivants et tous avaient plus de 80 ans. Si vous voulez en savoir un peu plus : http://www.liberation.fr/actualite/societe/206584.FR.php

lundi 17 mars 2008

Into the Wild

Into the Wild, de Sean Penn, avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt. Chris McCandless, diplôme universitaire en poche, décide de rompre avec une vie qui lui paraît étriquée et dont il méprise les valeurs matérialistes. Il sillonne l’Ouest et le Sud des États-Unis durant deux ans, en coupant tout contact avec sa famille. De rencontres en rencontres, il se rapproche de son grand rêve : vivre seul dans la nature en Alaska. Après cinq mois, son aventure finira mal. Ce film prenant, bien réalisé et bien joué, transmet de façon très juste et touchante le goût d’aventure, de liberté et de nature qui nous étreint tous un jour ou l’autre : 9/10. Excellente bande sonore.


Excellente adaptation du livre de Jon Krakauer : Voyage au bout de la solitude. Ce livre a eu un grand succès aux États-Unis, donnant à McCandless un statut d'aventurier romantique, mais les Alaskiens voient son aventure comme un gaspillage stupide. Curieusement, un documentaire sur le même sujet est aussi sorti en 2007, avec quelques variantes sur ce qui était considéré comme la "vraie histoire": Call to the Wild de Ron Lamothe. Je ne l'ai pas encore vu, mais je le ferai dès que possible.

Articles à lire APRÈS avoir vu le film : dans Libération et dans Wikipédia (Christopher McCandless)

Roman de gare

Roman de gare, de Claude Lelouch, avec Dominique Pinon, Audrey Dana et Fanny Ardant. Huguette se fait larguer par son chum dans une halte routière et embarque avec un inconnu alors qu’on annonce l’évasion d’un pédophile. Une écrivaine connue est interrogée par la police à la suite de la disparition de son secrétaire. Ce 41e film de Lelouch est un plaisir pour ceux qui, comme moi, aiment se faire surprendre et 7 fois plutôt qu’une. Quand le tout est soutenu par des acteurs qui crèvent l’écran sans jamais se prendre la tête, ça donne un grand moment de cinéma, à la fois prenant et divertissant. Suspense? Romance? Chronique sociale? Roman de gare est tout ça à la fois, dans un registre très français, avec, en prime, les chansons de Gilbert Bécaud : 8,5/10. Parfait pour un vendredi soir quand on se sent un peu fatigué, mais pas trop légume quand même. Comme seuls « bonus » une entrevue avec Lelouch et une autre avec Audrey Dana valent le détour.

lundi 3 mars 2008

Vitus

Vitus, de Fredi M. Murer (Suisse), avec Teo Gheorghiu, Fabrizio Borsani, Julika Jenkins, Bruno Ganz et Urs Jucker. Vitus, enfant pianiste surdoué, grandit dans un milieu aimant, mais un peu décontenancé par ses dons et par ses comportements parfois insolents. Seul son grand-père semble l’aimer d’un amour qui n’est pas « teinté » par cette intelligence hors du commun. Comment sortir du rêve de sa mère qui le voit grand pianiste, comment vivre une vie normale tout en donnant un coup de main à son père dont la carrière vacille et surtout comment aider son grand-père dont les finances s’amenuisent? Si vous laissez de côté quelques invraisemblances, ce film réjouissant vous plongera dans la magie de l’enfance, la poésie de l’amour et la ferveur des désirs du coeur. Quant au lancer du chapeau, vous m’en redonnerez des nouvelles. Excellent casting : tous les acteurs livrent une performance bien sentie et sans fioritures. À voir avec vos enfants (à partir de huit ans environ): 9/10. Entrevue avec le réalisateur et site du film :
http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=2&section=7&article=51736
http://www.sonyclassics.com/vitus/

Interview

Interview, de Steve Buscemi, avec Steve Buscemi et Sienna Miller. Vous aimez les dialogues cyniques, les répliques acérées et les surprises? Ce film est pour vous. Qui d’un journaliste déchu ou d’une starlette de films de série B sortira sans égratignure d’une entrevue que ni l’un ni l’autre n’ont le goût de faire? Au cours de ce pas-de-deux, ou chacun essaye de prendre le dessus sur l’autre, Pierre et Katya passent sans avertissement de leur tête pleine de préjugés et de méchanceté à leur cœur un peu mélo. Où est la vérité : dans le cœur ou dans la tête? La fin nous laisse sans réponse toute faite sur cette question : 8/10. Ce film est un remake d’une œuvre de Theo Van Gogh, réalisateur hollandais assassiné en 2004 par un extrémiste religieux. Theo Van Gogh rêvait de faire des films aux États-Unis. Steve Buscemi, Stanley Tucci and John Turturro ont décidé de le faire en son nom et la trilogie qui en résultera porte le joli nom de Triple Theo. Ce film en est le premier opus.

Eastern Promises

Eastern Promises (Promesses de l’ombre), de David Cronenberg (Canada), avec Viggo Mortensen, Armin Mueller-Stahl, Naomi Watts et Vincent Cassel. Une histoire violente et noire. C’est la découverte d’un journal intime d’une adolescente morte à l’hôpital qui déclenchera pour Anna, infirmière, une plongée dans un monde parallèle cruel qui se déploie près de chez elle : la mafia russe de Londres. Cet impitoyable univers se cache derrière des réunions familiales bon enfant et les yeux tendres d’un vieil homme. La voix off, émouvante, est presque plus insoutenable que les deux ou trois scènes durant lesquelles on se couvre les yeux (et les oreilles, car le son est particulièrement soigné). Le jeu des acteurs est fascinant, particulièrement celui d’Armin Mueller-Stahl: 8,5/10.