samedi 31 janvier 2009

La graine et le mulet (DVD)

La graine et le mulet, d’Abdellatif Kechiche (France, Tunisie, 2007), avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Farida Benkhetache et Alice Houri. Chronique sociale et familiale. La soxantaine, un travailleur fatigué du chantier naval de Sète se fait mettre à pied. Dans un dernier coup de rein, cet immigré tunisien décide d’ouvrir un restaurant en réaménageant un vieux rafiot. Les institutions bancaires et municipales le regardent de travers, mais sa famille et ses amis lui donnent tous un coup de main à leur façon. Ce film hyperréaliste donne à découvrir une galerie de personnages hauts en couleurs, plus ou moins sympathiques, plus ou moins agaçants, plus ou moins courageux, comme dans la vraie vie. Le film prend son temps (deux heures et demie) et ne suit pas un parcours auquel nous sommes habitués, notamment dans la façon de filmer certaines scènes où la tension familiale est palpable. Les acteurs sont excellents et les dialogues, remarquables (oreille avertie aux accents du sud, un atout…). Le scénario, un peu hachuré, laisse planer quelques points d’interrogation. Récipiendaire de trois prix à La Nostra de Venise et de quatre Césars, ce film sans complaisance déplaira à ceux et celles qui préfèrent les histoires sans anicroches. Vous devriez aimer si vous avez vu et apprécié les deux films précédents de ce réalisateur : C’est la faute à Voltaire et L’esquive : 8,5/10. Film produit par le regretté Claude Berri.
Bande-annonce

lundi 26 janvier 2009

BenX (DVD)

BenX, de Nic Balthazar (Belgique, Pays-Bas, 2007), avec Greg Timmermans, Laura Verlinden, Marijke Pinoy et Pol Goossen. Drame. Dans ce film remarquable, le réalisateur nous plonge dans la peau d’un adolescent souffrant du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. Angoisse, frustration, hypersensibilité, harcèlement, rien ne nous est épargné. Heureusement, on respire un peu grâce à l’incorporation, dans le film, du jeu vidéo Archlord qui sert de refuge et d’échappatoire compulsif à cet adolescent qui souffre en silence. Ne lâchez pas ce film en route, car la fin, inéluctable, vous renversera : 10/10. Présenté pour la première au Festival des films du monde de Montréal en 2007, il y a obtenu le Grand Prix des Amériques (ex aequo avec Un secret, de Claude Miller). Tiré d’un roman écrit par Nic Balthazar, le réalisateur, qui en a aussi fait une pièce de théâtre. Nic Balthazar, dont c'est le premier film, a été longtemps critique de cinéma.

Man on wire (DVD)

Man on wire (L'Homme sur le fil), de James Marsh (Grande-Bretagne, 2008). Documentaire. Philippe Petit, Annie Allix, Jean-Louis Blondeau et Alan Welner. Saviez-vous qu’en 1974, un français a traversé l’espace entre les deux tours du World Trade Center sur un fil à 415 mètres de hauteur? Eh bien maintenant vous le savez! Si vous voulez savoir comment il s’y est pris, ce documentaire passionnant vous ravira. Philippe Petit n’en était pas à son premier exploit funambulesque urbain et illégal, mais celui-ci fut son plus fumant! Témoignages des principaux intéressés, reconstitution, images d’archives et hommage au WTC, ce film a obtenu l’Oscar du meilleur documentaire : 9/10.

Le piège américain (DVD)

Le piège américain, de Charles Binanmé (Québec, 2008), avec Rémy Girard, Colm Feore, Janet Lane et Larry Day. Drame plus ou moins biographique. Une partie du parcours de Lucien Rivard, narco-trafiquant québécois notoire, ayant fait partie de la fameuse French Connection. La critique n’a pas été tendre avec ce film qui compte effectivement plusieurs faiblesses. Mais j’ai aimé la chronique du milieu mafieux, la reconstitution historique, le jeu étincelant des acteurs et la réalisation. Le scénario comporte des trous et, plutôt que de s’arrimer à Lucien Rivard, présente une énième théorie sur le complot ayant mené à l’assassinat de John F. Kennedy : 7/10.

samedi 17 janvier 2009

Tout est parfait, de Yves-Christian Fournier (Québec), avec Maxime Dumontier, Chloé Bourgeois, Claude Legault, Marie Turgeon et Pierre-Luc Brillant. Quatre suicides dans une petite ville. Quatre jeunes qui en laissent un autre seul avec ses démons intérieurs et son entourage, avec lequel il ne veut et ne peut pas communiquer. Un très bon premier film plutôt lumineux malgré un sujet arrache-coeur. Une œuvre sans compromis, des acteurs très crédibles, notamment Maxime Dumontier et Chloé Bourgeois, et biens dirigés. Trame sonore remarquable. Guillaume Vigneault n’est pas le réalisateur, mais a écrit le scénario : 8,5/10.

Charlie Wilson’s War (DVD)

Charlie Wilson’s War, de Mike Nichols (États-Unis), avec Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffmann. Drame historique. Durant les années 1980, Charlie Wilson, un obscur représentant du Texas au Congrès américain a contribué à financer la lutte armée des Afghans contre les envahisseurs Soviétiques. Très bons acteurs, au service d’un bon scénario, qu’il faut suivre de façon attentive, car les enjeux et les tractations sont très complexes. Certaines scènes valent leur pesant d’or. Le seul défaut du film, je l’ai trouvé après l’avoir vu : les faits ne sont pas respectés. La CIA s’est en effet lavé les mains de la distribution des fonds. Résultat : la plupart de l’argent a permis l’armement des factions ultra-extrémistes pakistanaises plutôt que des partisans d’Ahmad Shah Massoud (photo ci-contre), un leader afghan potentiel plus modéré, assassiné en 2001. C’est donc un excellent divertissement qui donne un aperçu de la complexité des opérations clandestines de la CIA, mais il ne faut pas le considérer comme un reflet intègre de ce qui s’est passé en Afghanistan : 8/10.

Je vous suggère les lectures suivantes, après avoir vu ce film.
Un article paru dans Le Monde diplomatique qui rétablit certains faits
Un texte (en anglais) publié dans le site indépendant AlterNet.org : Melissa Rodick, qui prépare un documentaire sur l'Afghanistan, commente les distorsions entre le la réalité, le livre et le film.


A Thousand Splendid Suns, un livre de Khaled Hosseini. L’histoire se passe aussi en Afghanistan. Elle commence en 1959 et se poursuit jusqu’en 2003. Des Soviétiques au Talibans, en passant par la guerre civile entre les différentes factions afghanes. Le tout est évoqué à travers la vie de deux femmes, d’une façon absolument remarquable. C’est dur, c’est triste, c’est poignant et c’est la vie des femmes en Afghanistan. À lire absolument : 10/10.

Bienvenue chez les T’chis (DVD)

Bienvenue chez les T’chis, de Dany Boon (France), avec Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix, Philippe Duquesne, Line Renaud. Comédie. Un directeur de poste est muté de la Provence au Nord-Pas-de-Calais. Ce film comporte de très bons moments et d’autres, tout à fait niaiseux, qui sont trop nombreux. Bonnes interprétations de l’ensemble des acteurs, mais la réalisation et le scénario sont si paresseux, que si j’étais allée voir ça au cinéma, je serais sortie avant la fin et j’aurais essayé de me faire rembourser. Bref, on aurait pu mettre bout à bout les meilleurs moments et faire un bien meilleur montage de sketches de 45 minutes au lieu de 90. C’est ok pour un vendredi soir sans exigence cinématographique : 6/10; Colette lui a donné 7/10. Chez les T’chis, on ne dit pas petit, on dit tchio, on ne dit pas pleurer, on dit braire. On ne dit pas pardonnez moi, je n'ai pas bien saisi le sens de la question, on dit heiinn?
Bande-annonce

mardi 13 janvier 2009

Waltz with Bashir (au cinéma)

Waltz with Bashir, d’Ari Folman (Israël). Documentaire et film d’animation. Un cinéaste israélien part à la rencontre de ses souvenirs absents au sujet de la guerre qui a eut lieu au Liban au début des années 1980. De rencontres en rencontres, les souvenirs émergeront et aboutiront à l'indicible et néanmoins humaine horreur de Sabra et Chatila. L’animation n’atteint pas les prouesses techniques de WALL-E, mais c’est justement pour ça que je l’ai aimée. La quête du réalisateur m’a fascinée. Ce film habité non pas par la culpabilité, mais par la conscience m’a beaucoup touchée. À voir absolument, de préférence au cinéma : 10/10.

WALL-E (DVD)

WALL-E, d’Andrew Stanton (États-Unis). Film d’animation. En gros, un robot compacteur de déchets tombe amoureux d’une sonde envoyée par les Terriens exilés dans l’espace depuis que la Terre croule sous leurs excès. Les critiques se sont extasiés sur ce dessin animé, certains allant même jusqu’à le mettre dans leur liste des meilleurs films de 2008. Étais-je de mauvais poil lorsque je l’ai vu? Disney a-t-il payé les critiques? Toujours est-il que s’il s’agit ici d’un beau dessin animé, le scénario est d’une pauvreté déconcertante et de plein de bons sentiments qui m’ont dégouliné dessus. Il ne suffit pas d’une saveur environnementale pour me plaire, ni d’un exploit technique d’animation. J’ai eu beaucoup plus de plaisir à regarder Finding Nemo, du même réalisateur : 6/10. Colette lui a donné 7/10. Pour les curieux, WALL-E signifie Waste Allocation Load Lifter - Earth Class.

lundi 5 janvier 2009

Slumdog Millionaire (au cinéma)

Slumdog Millionaire, de Danny Boyle (Grande-Bretagne) et Loveleen Tandan (Inde) avec Dev Patel, Freida Pinto, Azharuddin Mohammed Ismail, Ayush Mahesh Khedekar et bien d’autres. Drame. Comment un jeune homme de 18 ans élevé dans un bidonville se retrouve-t-il dans un jeu-questionnaire télévisé grâce auquel il devient millionnaire? J’ai beaucoup aimé ce film mené tambour battant et que je n’essaierai pas de résumer ici. Ok, l’histoire est un peu too much, mais elle est amenée avec beaucoup de brio et portée par des acteurs particulièrement bien dirigés. L’inde est un pays fascinant, dur et ultra-diversifié : le film en trace un portrait contemporain probablement incomplet, mais saisissant. Je ne sais pas quoi ajouter qui risquerait de paraître banal, alors que ce film ne l’est pas. Bande sonore extraordinaire, images spectaculaires, scènes parfois brutales, mais jamais gratuites. Slumdog Millionaire a tout raflé en matière de prix, des Golden Globes aux Oscars (8, dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure musique), en passant par le National Board of Review. Àvoir, de préférence au cinéma : 9,5/10. Scénario de Simon Beaufoy, basé sur un roman de Vikas Swarup.
Bande-annonce

Comme une odeur de muscle (DVD)

Comme une odeur de muscle, de et avec Fred Pellerin (Québec). Spectacle de contes humoristiques sur les habitants de Saint-Élie-de-Caxton. J’ai beaucoup ri en regardant et surtout en écoutant ce DVD du spectacle de Fred Pellerin. Ce gars-là a une présence vraiment particulière sur scène et ses mots sont comme des oiseaux-mouches en délire. Mais il ne perd jamais son fil et nous ramène à quelque chose qui vibre avec fougue en lui : l’importance de se raconter et de se souvenir. Ce « bizouneu » de la langue nous offre un imaginaire somptueux, dans un écrin d’humour et de sensibilité, avec un brin de grivoiserie : 9/10. http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=8&article=40086

Le monde selon Monsanto (DVD)

Le monde selon Monsanto, de Marie-Monique Robin (Québec). Documentaire. Il y a des compagnies qu’on aime haïr et, à ce titre, Monsanto, championne des OGM au niveau mondial est dans le peloton de tête. Je n’ai pas aimé la façon dont le documentaire est scénarisé (recherches dans internet faites par la réalisatrice), mais des données inquiétantes sur l’histoire et les stratégies de cette entreprise sont présentées. Monsanto fabrique le pesticide Roundup et commercialise des semences génétiquement modifiées qui y résistent : beau pactole! La multinationale se plaît à présenter une image de mission quasi humanitaire auprès des pays en développement, mais vend ses semences quatre fois plus chères que les semences traditionnelles et, en Inde, a racheté la plupart des compagnies qui en vendaient. Mais peut-on faire confiance à cette entreprise au passé plus que trouble? Le documentaire vaut la peine d’être vu, mais a un petit quelque chose qui me dérange, sans que je puisse mettre le doigt dessus : après l’avoir vu, allez faire un tour sur les avis suivants et sur le blogue tenu à jour par la réalisatrice : 7/10.
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article832
http://www.alexis.lautre.net/wp/2008/03/13/le-monde-selon-monsanto/
Blogs.arte.tv

The Dark Knight (DVD)

The Dark Knight, de Christopher Nolan (Grande-Bretagne), avec Christian Bale, Aaron Eckhart, Heath Ledger et Gary Oldman. Drame. On a porté aux nues ce deuxième Batman réalisé par Christopher Nolan. J’avais beaucoup aimé le premier (Batman begins), mais celui-ci m’a laissé sur ma faim. Trop prévisible et je ne comprends pas que les « bons », qui sont si intelligents, se laissent berner tout au long du film par ce Joker cinglé : ce genre de personnage ne m’inspire guère. Le film est trop long, la deuxième partie dérape et la fin, avec le procureur général qui perd la carte, vraiment, je m’en serais passé : 5/10.