vendredi 25 juillet 2008

La vie est un long fleuve tranquille (1988)

La vie est un long fleuve tranquille, d’Étienne Chatiliez (France), avec Hélène Vincent, André Wilms, Christine Pignet, Christine Pignet, Daniel Gélin et Benoît Magimel. Comédie. Je n’avais pas vu ce film qui a presque 20 ans. Petite histoire un brin invraisemblable, mais qui permet des numéros d’acteurs rigolos et des scènes surréalistes : celle du spectacle à l’école catholique vaut à elle seule le détour. En bref, c’est l’histoire d’une permutation de nouveau-nés, révélée 12 ans plus tard aux deux familles très disparates : l’une est catholique bon chic, bon genre et l’autre est du type les Bougons. Entre le devoir, l’appât du gain et l’imprévisibilité de l’adolescence les situations comiques se succèdent à l’écran : 7,5/10. Premier rôle au cinéma de Benoît Magimel qui incarne un jeune Momo à la fois imperturbable et un brin fragile. Il est depuis devenu un acteur très en demande, surtout depuis son rôle dans le film Les voleurs, d’André Téchiné (1996).

L'ennemi intime (DVD)

L’ennemi intime, de Florent-Emilio Siri (France), avec Benoît Magimel, Albert Dupontel. Mohamed Fellag, Lounès Tazairt, Aurélien Recoing. Drame historique. 1959 en Algérie, plus précisément en Kabilie : une guerre, déguisée sous un mandat de maintien de l’ordre, oppose l’armée française aux rebelles du Front de libération national. À travers la relation entre un lieutenant idéaliste fraîchement arrivé et un sergent endurci, nous devenons témoins du gâchis de cette guerre et de son effet dévastateur sur les humains qui y sont mêlés, civils et militaires. Très bonne réalisation, alternant entre des scènes de combat habitées par la peur et parfois, l’horreur, et des moments de fraternité. Très bonne direction d'acteurs. Le film évite plusieurs pièges, notamment en évoquant de façon déchirante à quel point les civils ont été pris entre deux feux. Le film a été tourné au Maroc, dans la région de Beni Mellal, car la Kabylie, région montagneuse de l’Algérie, n’a pas les infrastructures nécessaires pour ce genre de production : 8,5/10. Dans les suppléments, les témoignages de trois anciens combattants sont touchants. Bande-annonce :
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18734058&cfilm=111536.html

mercredi 23 juillet 2008

I am not there (DVD)

I am not there, de Todd Haynes (États-Unis), avec Cate Blanchett, Heath Ledger, Christian Bale, Ben Whishaw, Marcus Carl Franklin, Richard Gere, Charlotte Gainsbourg et Julian Moore . Biographie surréaliste de Bob Dylan. Je ne connais presque pas Bob Dylan, mais j’ai adoré ce film éclaté qui le sublime à travers six personnages différents. C’est irracontable, mais j’ai trouvé ça génial . La réalisation est extrêmement bien maîtrisée et les acteurs sont très inspirés : Cate Blanchett est sublime et Charlotte Gainsbourg, irrésistible : 9,5/10. Le film a été tourné à Montréal.

4 mois, 3 semaines, 2 jours (DVD)

4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu (Roumanie), avec Laura Vasiliu, Anamaria Marinca et Vlad Ivanov. Drame. Roumanie, fin des années 1980. Sous le régime de Ceausescu, on ne rigole pas avec l’avortement, qui ne peut qu’être clandestin. Une étudiante demande à sa colocataire de l’aider et de l’accompagner à sa rencontre avec un certain monsieur Bébé, spécialisé dans cette lucrative activité illégale. Dites, je pense que je vieillis, parce que je n’ai pas aimé du tout. Et ce n’est pas le premier film roumain glauque et dur que je vois, mais c’est le premier durant lequel je me suis ennuyée. Pourtant, comme pour Lumière silencieuse, les critiques se sont extasiés… Pour ma part, je ne me suis attachée à aucun des personnages et je n’ai pas aimé les séquences très longues, les plans larges, les plans fixes : 5/10. Palme d’or à Cannes en 2007.

Lumière silencieuse (au cinéma)

Lumière silencieuse, de Carlos Reygadas (Mexique), avec Cornelio Wall Fehr, Miriam Toews et Maria Pankratz. Drame. Un père de famille mennonite est déchiré par le fait qu’il a une maîtresse avec laquelle il n’arrive pas à rompre. Tourné avec des acteurs non professionnels, mais mennonites, ce film très contemplatif, m’a ennuyée durant 2h15, ce qui est très rare. Je n’ai pas du tout accroché aux personnages, à leur désarroi, leur questionnement ni aux images ultra bucoliques. Une fin particulièrement déroutante a achevé de me convaincre que ce n’est pas le côté contemplatif du film qui m’a déplu, mais l’ensemble de la réalisation, sur laquelle nombre de critiques de cinéma se sont pâmés. Pour cinéphiles avertis seulement : 4/10. Ce film a eu le prix du jury à Cannes en 2007, partagé avec Persepolis. L’église mennonite est un mouvement religieux né dans les années 1500 en Suisse et aux Pays-Bas. Il est basé sur un mode de vie traditionaliste. Environ 40 000 mennonites vivent au Mexique. Entre 125 000 et 200 000, selon les sources, résident au Canada (Ontario et Manitoba surtout).

mercredi 2 juillet 2008

Ceux qui restent (DVD)

Ceux qui restent, d’Anne Le Ny (France), avec Emmanuelle Devos,Vincent Lindon et Yeelem Jappain. Drame. Lorsque quelqu’un est gravement malade, on s’occupe de lui ou d’elle. C’est ce que font Bertrand et Lorraine qui visitent leur conjoint respectif à l’hôpital. Le film, durant lequel on ne verra jamais les conjoints malade est centré sur leur rencontre. Leur relation sera l’occasion d’un échange qui mettra leur détresse à nu, et surtout leur façon si différente de la vivre, en dedans comme au dehors : le devoir coupable ou le droit de vivre heureux, malgré tout. Ceux qui restent en vie sont aussi mal pris que ceux qui luttent contre la maladie. Réalisation inspirée, acteurs justes, dialogues remarquables. La preuve qu’on peut faire un film bouleversant, sans exagération, sans pathos et sans grandiloquence. Emmanuelle Devos est lumineuse et le film respire grâce à son personnage fantasque : 9,5/10.

Les témoins (DVD)

Les témoins, d’André Téchiné (France), avec Laurent Guyot, Michel Blanc, Emmanuelle Béart, Julie Depardieu et Sami Bouajila. Drame. Début des années 1980 : en France, comme ailleurs, le sida, encore non identifié, frappe. Manu, un jeune homosexuel fait la connaissance d’un vieux médecin (Adrien) qui tombe amoureux de lui. Leur relation restera platonique, mais Manu, par l’intermédiaire d’Adrien, fait la connaissance d’un couple dans la trentaine. Chacun sera touché par le sida d’une façon différente. C’est un très bon film, mais le personnage d’Emmanuelle Béart m’a dérangée au point de gâcher un peu mon plaisir. Les autres acteurs sont justes, particulièrement Laurent Guyot et Michel Blanc : 8/10. Dans les suppléments, l’entrevue avec Michel Blanc est vraiment intéressante si vous vous intéressez au métier d’acteur. En revanche, même si je l’ai regardée jusqu’au bout, j’ai trouvé l’entrevue avec Téchiné pénible : son élocution difficile et sa démarche de réalisation alambiquée m’ont rebutée.

mardi 1 juillet 2008

Lars and the real girl (DVD)

Lars and the real girl, de Craig Gillespie (États-Unis) avec Ryan Gosling, Paul Schneider et Emily Mortimer et Patricia Clarkson. Comédie dramatique ou drame comique. Tout juste fonctionnel au bureau, Lars est un inadapté social incapable d’intimité. Jusqu’au jour où il présente à son entourage, médusé, Bianca, une poupée en silicone, dont il fait sa petite amie. Voilà une prémisse casse-gueule qui se transforme en un film captivant, malgré un scénario un peu invraisemblable. Ce qui fait la force du film se sont ses interprètes fabuleux, sa direction d’acteurs et son humanité. À voir absolument : 9/10.
Bande-annonce : http://www.apple.com/trailers/mgm/larsandtherealgirl/trailer/

Persepolis (DVD)

Persepolis, de Marjane Satrapi (photo plus bas) et Vincent Paronnaud (France), avec les voix de Gabrielle Lopes Benites, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux et Chiara Mastroianni. Récit autobiographique. Adaptation des quatre volumes de la bande dessinée du même nom. Marjane, enfant unique d’une famille iranienne aisée et cultivée vit à Téhéran. Ensemble, ils traverseront une période très difficile : la révolution, la chute du schah, l'instauration de la République islamique et la guerre contre l'Irak. Ce dessin animé en noir et blanc se laisse regarder comme un film, tant les dialogues sont percutants et le récit, authentique. Un très beau moment de cinéma, qui, malgré un humour très présent, nous rappelle des événements qui ont entraîné la mort d’un million de personnes en Iran et en Irak : 9,5/10. Prix du jury à Cannes en 2007, partagé avec Lumière silencieuse (voir plus haut).
Bande-annonce http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18733354&cfilm=110204.html
Pour en savoir plus sur la bande dessinée : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pers%C3%A9polis_%28bande_dessin%C3%A9e%29