vendredi 30 octobre 2009

12 (DVD)

12, de Nikita Mikhalkov, avec Sergeï Makovetsky, Sergey Garmash, Yuri Stoyanov, Sergey Gazarov, Nikita Mikhalkov, Valentin Gaft, Alexey Petrenko, Mikhail Efremov, Apti Magamaev. Drame judiciaire. Remake du classique américain 12 hommes en colère (Sydney Lumet), ce film vaut le détour par son intensité dramatique et sa transposition dans une Russie en conflit avec la Tchéchénie. Douze jurés, enfermés dans le gymnase d’une école, doivent arriver à un verdict unanime au sujet d’un ado tchétchène accusé d’avoir assassiné son père adoptif, un officier de l’armée russe. Douze acteurs au sommet de leur art, une réalisation très serrée et une plongée dans l’âme russe font de ce film un bijou : 9,5/10. Dialogues très denses, demandant un niveau d’attention élevée, surtout si on regarde une version sous-titrée.
J’aime beaucoup ce réalisateur qui nous a donné deux autres films remarquables : Soleil trompeur et Anna 6-18. J’aime moins le fait qu’on le dise très proche de Poutine.

Tulpan (DVD)

Tulpan, de Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan, 2008), avec Askhat Kuchinchirekov, Samal Yeslyamova, Ondasyn Besikbasov, Tulepbergen Baisakalov, Bereke Turganbayev, Nurzhigit Zhapabayev. Comédie dramatique, style documentaire ethnographique. Asa, un jeune homme de retour de son service militaire dans la marine, veut devenir berger. Pour obtenir son propre troupeau, il doit prendre femme et il n’y en a qu’une aux alentours, dans cette steppe immense du Kazakhstan. Elle ne veut pas de lui. Un film surprenant, du genre cinéma-vérité sans compromis, mais aussi poétique et qui nous amène dans l’intimité d’une famille vivant dans une yourte. On croit avoir affaire à des paysans incultes, mais la présence d’une radio et cette dulcinée qui se dérobe révèlent d’autres aspects de ce pays inconnu dans son essence traditionnelle et contemporaine. Les amateurs de cinéma hyper-réaliste aimeront, les amateurs de personnages raffinés détesteront. De mon côté, j’ai adoré certains moments, mais je me suis aussi ennuyée dans d’autres. Ce film prend son temps, alors assurez-vous d’être dans de bonnes dispositions pour l’apprécier, tant au plan visuel que sonore : 7,5/10. Primé dans plusieurs festivals, dont celui de Cannes, dans la catégorie Un certain regard.
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samedi 17 octobre 2009

One Week (DVD)

One week (Canada 2009), de Michael McGowan, avec Joshua Jackson, Liane Balaban, Campbell Scott, Fiona Reid, Chuck Shamata, Gordon Downie. Comédie dramatique, road-movie. Un jeune trentenaire canadien ordinaire apprend qu’un cancer fulgurant le ronge. Plutôt que de se soumettre à des traitements, il part en moto vers l’ouest sur un coup de tête, abandonnant fiancée, famille et boulot d’enseignant. Un autre film bien tièdement accueilli par la critique. Colette et moi avons pourtant adoré, probablement parce que nous avons suivi cette piste vers l’Ouest en 2007 et que ce film est une invitation au voyage, une invitation à remettre en question sa vie. C’est sûr que la réalisation n’est pas particulièrement originale, que certains moments sont prévisibles et que Joshua Jackson ne transpire pas l’émotion. Mais pourquoi faudrait-il qu’une personne ordinaire devienne tout à coup un être extraordinaire et palpitant parce que la mort le harcèle? Ce que j’ai aimé c’est ça : la simplicité, l’ordinaire, et cette phrase : « Je ne suis pas prêt à devenir un patient ». La seule chose qui m’a agacée, c’est que vraiment, pour voyager à moto, il n’est pas assez couvert pour être crédible! C’est très canadian, charmant et ça ne se prend pas au sérieux. Ne vous attendez pas à de longs plans sur des paysages somptueux : oui, il y a de beaux paysages, mais aussi des plans sur des motels ordinaires et des symboles géants quétaines (poisson, outarde et autres dinosaures). Mais ce Canada ordinaire, depuis que je l'ai traversé, que voulez-vous, je le trouve attachant. À éviter pour les amateurs d’action, de transformation hollywoodienne et d’émotions fortes : 8/10.
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Les citronniers (DVD)

Les citronniers (Israël, 2008), de Eran Riklis, Hiam Abbass, Ali Suliman, Rona Lipaz-Michael, Doron Tavory, Tarik Copty, Amos Lavi. Drame politico-social. Un film tout en finesse sur un sujet peau de banane : le conflit israélo-palestinien. En Cisjordanie, Salma, une veuve prend soin de son verger de citronniers. Le ministre de la défense israëlien vient s’installer de l’autre côté du verger. Gardes du corps et miradors ne sont pas suffisants, il faut raser ce verger d’où des terroristes pourraient attenter à la sécurité du ministre et de sa famille. Salma décidera de se tenir debout et ira au bout des procédures judiciaires, envers et contre tous, y compris des gens de sa communauté. Acteurs remarquables : Hiam Abbass est une actrice formidable, qui a joué dans un autre très bon film de ce réalisateur : La Fiancée syrienne (2004), qui a remporté plusieurs prix au Festival des films du monde. Les citronniers est un film d’une grande humanité à voir absolument : 9/10.
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Critique de Voir au sujet du film La fiancée syrienne

Comme tout le monde (DVD)

Comme tout le monde (France 2009), de Vincent Garenq Lambert Wilson, Pascal Elbé, Anne Brochet et Pilar López de Ayala. Comédie dramatique. Être homosexuel et avoir un enfant en France, c’est plus compliqué qu’ailleurs en Europe. Mais Manu a 42 ans et il est bien décidé à franchir le pas. Lambert Wilson et Pascal Elbé sont convaincants en couple homosexuel, le propos est intéressant, mais le scénario est si prévisible et parfois si mièvre et certains personnages si caricaturaux, que le tout tombe dans une facilité qui m’a irritée. Colette et Gaël m’ont reproché de bouder mon plaisir, mais pour moi, avoir du plaisir n’est pas synonyme de dégoulinage de sirop quand on me propose une idée de départ intéressante. Il y a tout de même de bons moments, surtout dans la première partie du film : 6,5/10.
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Iron Man (DVD)

Iron Man, de Jon Favreau (États-Unis, 2008), avec Robert Downey Jr., Terrence Howard, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges. Action. Tony Stark industriel américain spécialisé dans la vente d’armes lourdes, est kidnappé en Afghanistan, par des terroristes qui lui demandent de fabriquer une copie de son missile de pointe. Ce bidouilleur de génie fabriquera plutôt une armure qui lui permettra de s’évader et de renter chez lui. Il choisira de fermer la division militaire de son entreprise, tout en devenant un super-héros. Mais bien sûr, il y aura des obstacles. Belle brochettes d’acteurs et actrices, réflexion intéressante sur l’industrie de l’armement et la société en général. Divertissement efficace, malgré des invraisemblances gigantesques. Parfait pour un vendredi soir : 7/10. Adaptation de la populaire bande dessinée créée par Stan Lee, Larry Lieber, Don Heck et Jack Kirby dans la série Marvel Comics.

lundi 12 octobre 2009

Coco avant Chanel (au cinéma)

Coco avant Chanel (France 2009) d’Anne Fontaine, avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola, Marie Gillain. Biographie. Situons l’époque : Gabrielle Chasnel naît en 1883. Elle en arrachera avant de devenir l’icône de la mode qui libéra le corps des femmes du corset, des plumes et des froufrous. C’est ce qu’évoque ce film : la construction d’une femme, son regard sur l’amour, l’indépendance et le corps. Plusieurs critiques ont été sévères avec ce film, lui reprochant de manquer d’imagination, de profondeur et de mal cerner le personnage. Moi, je leur reproche de bouder leur plaisir et de bouder le regard d’une femme sur une autre femme, de vouloir percer un mystère. J’ai beaucoup aimé le film, qui prend son temps, dont les décors sont somptueux et qui est servi par une brochette d’acteurs sublimes et bien dirigés. Les yeux de braise d’Audrey Tautou disent tout, son regard qui glisse sur les lignes des vêtements, ses réparties assassines, son indépendance malgré ses doutes : que demander de plus? Pourquoi envelopper tout cela dans une réalisation audacieuse qui ne pourrait jamais égaler l’audace de Coco Chanel? Anne Fontaine, dont je ne suis pas une fan, a fait le pari du classicisme, pour le bonheur des amateurs de films simples et au diable les critiques qui se creusent la cervelle pour avoir l’air profonds et intelligents. C’est un film à voir au cinéma : 8,5/10. Basé sur la biographie d’Edmonde Charles-Roux.
Une citation de Chanel : «La mode se démode, le style, jamais.»
Pour en savoir plus, l’article de Wikipédia

Wendy and Lucy (DVD)

Wendy and Lucy (États-Unis, 2008), de Kelly Reichardt, avec Michelle Williams. Drame et chronique sociale. Wendy c’est cette jeune femme qui voyage vers l’Alaska, Lucy c’est la chienne qui lui tient compagnie. En Oregon, l’auto tombe en panne, ce qui provoque une série de problèmes reliés au fait que Wendy a très peu de sous. Film minimaliste et pourtant percutant, interprétation sobre et magnifique. Peu de musique (merci!), pas de morale (re-merci), rien de souligné à gros traits (re-re-merci) : juste la vie et ses maladresses, ses choix et ses conséquences : 9,5/10. Avertissement : à éviter si vous aimez les scénarios bien structurés, menant à une fin fignolée, claire et nette. Adaptation d’une nouvelle de Jon Raymond, intitulée Train Choir.
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lundi 5 octobre 2009

Coraline (DVD)

Coraline de Henry Selick (États-Unis, 2009). Dessin animé. Coraline vient de déménager dans une étrange maison, habitée par d’étranges voisins. Ses parents sont très occupés. Coraline se désennuie en explorant la maison et y trouve une porte. Elle accède alors à un monde idéal où ses parents font bien à manger et sont attentionnés. Mais ce n’est pas si simple et Coraline devra choisir… J’ai tout simplement adoré ce dessin animé réalisé avec une technique appelée stéréoscopie : ça ne date pas d’hier semble-t-il, mais avec les moyens techniques d’aujourd’hui, ça donne un truc assez cool. J’ai aimé le scénario et les personnages, dont certains m’ont rappelé le Triplettes de Belleville : 8,5/10. Si vous regardez la version doublée. les voix québécoises principales sont celles de Geneviève Brouillette, Jean-Michel Anctil et Catherine Brunet. Basé sur le roman de Neil Gaiman. Jeunes enfants (moins de 9 ans à peu près) et enfants anxieux s’abstenir…
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State of Play (DVD)

State of Play (États-Unis, 2009), de Kevin Macdonald Ben Affleck, Russell Crowe, Rachel McAdams, Helen Mirren. Un suspense politique qui ne réinvente pas le genre, mais qui est bien ficelé, avec un bon casting et une trame tissée sur le choc de deux cultures médiatiques : le quotidien papier et le blog. Tout pour me plaire, à part la musique, dont je me serais passée, tant elle souligne la tension : de grâce, on a compris, pis c’est déjà assez « suspensant » de même! L’histoire est bien trop compliquée à raconter, alors je vous en fait grâce, mais c’est d’actualité : 8/10. Pas pour un vendredi soir «cerveau à off», sinon vos neurones vont vous envoyer une mise en demeure.
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August Rush (DVD)

August Rush (États-Unis, 2007), de Kristen Sheridan, avec Freddie Highmore, Keri Russell, Jonathan Rhys-Meyers, Robin Williams, Terrence Howard. Drame dramatique… Un orphelin de 11 ans décide de retrouver ses parents, dont il a toujours senti la présence bienveillante. Vous aimerez ce film si vous aimez la musique et les histoires qui finissent bien. Vous n’aimerez pas si les feel-good-movies vous exaspèrent ou si vous aimez les scénarios bétons. Je suis quelque part entre les deux. À mes yeux (ou plutôt, à mes oreilles...), ce qui sauve ce film, c’est la musique et un souffle certain dans la réalisation. Pour le reste, c’est un tissu d’invraisemblances, servi sur fond d’acteurs à la frimousse parfaite (mais combien emmerdante : je suis tannée de voir de telles frimousses) et qui en font des tonnes. Personnages sans surprises et sans saveur, même pas Robin Williams qui ressemble à un Joker de 5e ordre. Je fais juste imaginer le doublage en français et je me sens faiblir… Je suis sévère, mais lisez mes critères en haut de cette page : ce film n’en rencontre aucun pleinement. Réalisation : 8/10. Film dans son ensemble : 6/10. Parfait pour un vendredi soir “cerveau off”.
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