La graine et le mulet, d’Abdellatif Kechiche (France, Tunisie, 2007), avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Farida Benkhetache et Alice Houri. Chronique sociale et familiale. La soxantaine, un travailleur fatigué du chantier naval de Sète se fait mettre à pied. Dans un dernier coup de rein, cet immigré tunisien décide d’ouvrir un restaurant en réaménageant un vieux rafiot. Les institutions bancaires et municipales le regardent de travers, mais sa famille et ses amis lui donnent tous un coup de main à leur façon. Ce film hyperréaliste donne à découvrir une galerie de personnages
hauts en couleurs, plus ou moins sympathiques, plus ou moins agaçants, plus ou moins courageux, comme dans la vraie vie. Le film prend son temps (deux heures et demie) et ne suit pas un parcours auquel nous sommes habitués, notamment dans la façon de filmer certaines scènes où la tension familiale est palpable. Les acteurs sont excellents et les dialogues, remarquables (oreille avertie aux accents du sud, un atout…). Le scénario, un peu hachuré, laisse planer quelques points d’interrogation. Récipiendaire de trois prix à La Nostra de Venise et de quatre Césars, ce film sans complaisance déplaira à ceux et celles qui préfèrent les histoires sans anicroches. Vous devriez aimer si vous avez vu et apprécié les deux films précédents de ce réalisateur : C’est la faute à Voltaire et L’esquive : 8,5/10. Film produit par le regretté Claude Berri.Bande-annonce
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